Ces ailes que je souhaite transmettre

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Aurélie, maman de A. né en maternité et de T. né à la maison

Lorsque j’ai envisagé la naissance de mon fils aîné, je n’ai pas imaginé une seule seconde accoucher ailleurs qu’à la maternité. De nombreuses peurs me hantaient et, lorsque j’en parlais il y avait toujours une sorte d’arrière-pensée défaitiste : « si tout se déroule bien… si j’arrive à accoucher… ». L’expérience de la naissance de mon fils fut étrange et ambivalente. D’un côté, je me suis sentie dans une telle position de passivité et de soumission, clouée à mon lit, impuissante, incomprise, quémandant une aide qui n’arrivait pas. Puis arrivèrent les sages-femmes, les manipulations de mon corps meurtri et inactif, que je suppliais d’arrêter de me torturer, les remarques désobligeantes du gynécologue, l’humiliation et la colère provoquées en pleine poussée. Et, tout d’un coup, un hurlement de soulagement et une immense vague de bonheur et de fierté : c’est mon fils, il est là, j’y suis arrivée, moi, je l’ai mis au monde, MOI !!!!

Très vite après la naissance de mon fils, je commence à me passionner pour les récits d’accouchements. J’écume les forums, j’arrive très vite aux témoignages d’accouchements naturels : dans l’eau, accroupie, à genoux, sans péridurale… Je suis fascinée par la force de ces femmes, elles semblent tirer de la naissance de leurs enfants une telle force, elles ont l’air de s’être tellement appropriées ce moment. Je les envie. J’arrive très vite aux accouchements à la maison : je ne pensais même pas que cela était possible !!! Ne sont-elles pas complètement inconscientes ???!!! Mais leurs récits m’attirent… Je commence à comprendre que c’est ainsi que j’aimerais accoucher, je m’informe donc beaucoup, et ce sentiment se transforme peu à peu en évidence : accoucher dans mon foyer, un lieu chaleureux que je connais, dans mon intimité, avec une sage-femme qui m’aura suivie durant ma grossesse, me connaîtra, connaîtra mes besoins, mes désirs, mes peurs… Et une obsession commence à germer : offrir à un autre enfant la naissance que son grand frère n’a pas eu. Et c’est le souhait que mon compagnon et moi avons pu réaliser. Je tire de cette expérience une immense force, cet accouchement m’a transcendée. Peu à peu, une nouvelle conviction naît en moi : la Femme SAIT accoucher ! Je ne veux pas parler des femmes au sens général, vous, moi, ma voisine bidule ou la tante machin. Je parle de LA Femme, ce mammifère femelle qui détient en elle l’Instinct de l’accouchement car c’est ainsi qu’elle fera perdurer son espèce, pulsion vitale irrépressible, qui coule dans nos veines, dans nos codes génétiques, dans nos âmes, depuis la nuit des temps.

Je sais que la Femme SAIT. Maintenant, je sais aussi que la société d’aujourd’hui ne lui propose pas toujours les éléments adéquats d’en décider autrement. Ce choix est forcément teinté de notre expérience personnelle de la naissance, de la vie, de notre corps. Mais il est aussi, dans la majeure partie je pense, influencé par le monde médical tel qu’il est aujourd’hui. Enfin, presque tout le monde médical. Car les sages-femmes qui pratiquent l’accouchement à la maison ne sont pas ainsi. Quand la femme qui t’a accompagnée pendant 5-6 mois est à tes côtés, cette femme qui a écouté tes peurs, qui a accueilli tes bonheurs, qui t’a demandé ta permission avant de pratiquer chaque toucher vaginal, qui t’a informée de la raison de chacun de ses actes et de chacun des examens qu’elle t’a prescrits, cette femme qui a elle-même accouché chez elle, lorsque cette femme-là porte dans son regard la conviction bienveillante que tu es capable d’accoucher, que tu es la seule et unique maîtresse de ton corps, que tu es un être merveilleux détentrice de cette force vitale de donner la vie, quand cette femme-là porte dans son regard tout ce qu’elle sait de toi et toute la douceur du lien qui vous unit, quand elle parle de la naissance de ton enfant comme d’un acte totalement naturel dont toi seule porte le secret, cela donne des ailes ! Et ce sont ces ailes que je souhaite transmettre aujourd’hui aux futurs parents en défendant la survivance de l’accouchement à la maison et en soutenant le merveilleux travail que font ces sages-femmes, femmes de l’ombre et de l’humain, ces femmes qui parlent aux Femmes, ces femmes qui parlent à LA Femme qui est en nous.

aurélie

Entre leurs mains

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Présentation du film

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Comment considère-t-on la naissance et le corps de la femme aujourd’hui ? Quelle place laisse-t-on encore à l’humain dans l’acte de donner la vie ? Muriel, Jacqueline, Sidonie et Cécile accompagnent des personnes qui souhaitent donner naissance à domicile. Ces sages-femmes nous invitent à découvrir leur pratique et leur vision de la venue au monde.

En France, le choix de cette alternative prend, aujourd’hui, la forme d’une lutte. Même si cette pratique n’est pas officiellement illégale, les préjugés sont tenaces. Les sages-femmes sont soumises à des pressions administratives sans cesse plus étouffantes, tendant à faire disparaitre une des dernières alternatives à l’accouchement médicalisé.

Dates de diffusion sur la chaîne Public Sénat

24 décembre à 22h30
25 décembre à 16h30
31 décembre à 18h30
2 janvier à 22h30
4 janvier à 14h15

Bande annonce

Dossier de presse

Toutes les informations sur le site Entre leurs mains

A la maison, la barre n’est pas plus haute… elle est plus facile à franchir!

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Anne-Laure, Maman

La naissance de Rose le 10 janvier 2007, à la maison.

Début avril 2006 : je suis enceinte de mon troisième enfant. Commence alors une grossesse sans problème. Nous serons accompagnés d’une doula (C.) qui m’annonce un jour qu’elle a découvert une sage-femme qui pratique les accouchements à domicile (AAD) pas très loin de chez moi. Pas dans notre département mais pas si loin que ça. Je prends contact avec B. qui accepte de me suivre jusqu’à l’accouchement à la maison. Je suis heureuse.

L’été passe et début septembre un streptocoque B remet un peu en cause le projet d’AAD mais nous trouvons un arrangement (perfusion d’antibios au moment de la délivrance) et je me remets sur les rails. Je suis inscrite en maternité et j’y suis suivie depuis le 7ème mois. Mon terme théorique est au 10 janvier. Il s’approche doucement et le bébé continue ses galipettes : un jour tête en haut, l’autre tête en bas. De vraies douches écossaises puisque si le bébé se présente en siège, B. ne peut plus m’accepter en AAD. C. et T., mon conjoint, font tout ce qu’ils peuvent pour me redonner confiance en moi et en mon bébé. J’arrive petit à petit à lâcher prise, je me détends un peu.

Les fêtes passent. L’impatience me gagne. Le 9 janvier (soit 41 sa + 1 jour), j’appelle mon acupuncteur qui peut me prendre dans l’heure. Depuis la fin de matinée je me sens un peu différente, j’ai comme une grosse contraction qui ne me lâche pas mais qui ne ressemble pas non plus à un début de travail. Il est 15h30. Il me pique et je m’assoupis légèrement, à peine sortie de ma torpeur par quelques contractions qui reviennent environ tous les ¼ d’heure. En me disant au revoir, il me redit à quel point je vais vivre quelque chose d’extraordinaire, d’incomparable et me dit cette phrase : «et souvenez vous qu’à la maison la barre n’est pas plus haute… elle est plus facile à franchir ». Je garderai précieusement cette phrase dans un coin de ma tête.

Retour à la maison. Les contractions n’ont pas cessé. Je me rends compte de mon humeur massacrante. Il faut que je m’isole. J’appelle C. pour lui dire où j’en suis. Elle s’organise et me rejoins dès que possible. Entre temps j’appelle B. ma sage femme. On convient de se rappeler dans l’après-midi. C. arrive un peu plus tard, les contractions sont alors espacées de 7 minutes au plus. Je rappelle B. et lui confirme que les contractions se rapprochent et qu’il ne sera pas inutile qu’elle passe ce soir. Son enthousiasme me fait plaisir.

Je retourne sur le ballon, enfermée dans ma chambre avec T. et C., pour gérer les contractions l’une après l’autre. L’un me masse très fort les reins, l’autre m’encourage, me soutient m’aide à bien respirer à fond, à m’étirer,… Il faut dire que je ressens les contractions dans les reins et je sais que ça signifie que le bébé à son dos en postérieur. Il faut qu’il bouge et moi aussi.

B. arrive. A ce moment là les contractions se sont encore rapprochées : 3 ou 4 minutes entre deux. Elle m’examine et trouve un col bien modifié. Elle trouve surtout ce que je ressentais ces derniers jours : un bébé avec la tête en bas, prêt à naître à la maison.

Après une séance de monitoring « réglementaire »,, je retourne sur le ballon mais préfère finalement me faire couler un bain. J’entre dans l’eau avec délice, on allume les bougies, T. m’apporte une assiette de moules et de frites, on chuchote.

Pendant ce temps B. va installer son matériel sur la table de la salle à manger. Elle ne vient décidément pas les mains vides. Elle prévient D. son associée qui l’accompagne sur les AAD de la tournure que prennent les choses. D. vient d’un peu plus loin mais elle sait maintenant qu’elle ne viendra pas pour rien.

Plus tard quand D. arrive, je suis toujours dans la baignoire. Elle me demande gentiment s’il est envisageable qu’elle m’examine pour voir où en est le travail. J’accepte et j’apprends donc que j’en suis maintenant à 5 cm environ. Le travail avance efficacement, le rythme cardiaque est parfait, mais ça pourrait être plus rapide si bébé acceptait de tourner son dos du bon côté. D. me propose une position pour faciliter la rotation.

Je retourne dans le bain un moment en adaptant ma position. Le travail s’intensifie. Je ressors du bain. Je marche un peu je bouge le bassin, pliant les genoux, … Ailleurs que chez moi j’aurais perdu pied. Là je tiens le coup.

Transition. Je fatigue. Je m’accroche au cou de T. Mes jambes me lâchent petit à petit. J’ai peur et j’en fait part à C. qui me « remobilise ». Télépathie ? D. et B. me proposent de rejoindre la chambre où je vais me coucher sur le côté. Le rythme cardiaque du bébé est toujours très bon. D. contrôle la dilatation. Je l’entends murmurer le mot « complète » et ça me mets du baume au cœur. Mais je me sens complètement vide de toute énergie. Je sais que le bébé n’est pas encore suffisamment descendu. Moi qui ne voulais pas en entendre parler. J’accepte que B. perce la poche des eaux. B. se rend compte à ce moment là que le bébé se présente non pas classiquement par le crâne mais face la première. Le diamètre le plus large ! Bien sûr, elle s’abstient de m’en faire part histoire de ne pas me décourager.

T. et C. m’entourent. Les sages-femmes se relaient pour me tenir la jambe. Elles préparent une bassine d’eau salée très chaude pour aider le périnée. C. et T. m’appliquent de leur côté des gants d’eau froide sur le front. Je ferai toute la fin du travail les yeux fermés, complètement recentrée sur moi-même, les contractions, mes sensations. Petit à petit l’envie de pousser se précise. A chaque contraction, une vague me tombe dessus mais en quelques secondes je remonte dessus, je lutte contre puis je trouve mon souffle je grogne, de plus en plus fort, j’ai la hargne, je veux en finir. « Il arrive » paraît-il. « Oui c’est bien, c’est très bien » m’encourage – t’on. « On voit les cheveux, il arrive ». Je crie. Que c’est bon de crier ! Combien de temps s’écoule ? J’aurais dit une heure, pas plus de 20 minutes en réalité je crois. Il est 2h05 du matin. Je n’y croyais plus et pourtant je reçois, les yeux toujours clos, ce petit corps doux, chaud et humide. Je suis submergée par l’émotion et pour la première fois gagnée par les larmes. C’est trop fort, tellement intense, tellement au dessus de ce que j’imaginais dans mes scénarios les plus fous.

2 heures plus tard, après une rapide remise en état de la chambre, première tétée et douche, nous nous décidons enfin sur le prénom. Il est 4 heures passées je pense. Les sages-femmes s’éclipseront pour un repos bien mérité, non sans avoir remis la maison « en état ». Nous papoterons encore un peu avec C. qui dormira à la maison. Puis en tête à tête avec T. J’aurais très peu dormi cette nuit là mais je savoure un nouveau bonheur.

7 ans plus tard, ou presque, je relis toujours avec autant d’émotion le récit de cette naissance qui fut réellement importante pour moi dans ma construction en tant que femme, en tant qu’adulte. Assumer un tel choix et avoir la chance de le vivre m’a révélé une force que je ne me connaissais pas forcément.

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Plus qu’un accouchement à domicile, un accompagnement global à la Naissance…

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Mélodie, maman

Plus qu’un accouchement à domicile, un accompagnement Global à la Naissance…

mélodie 7Quand j’étais enceinte de mon premier bébé, j’ai rencontré virtuellement des nanas qui comptaient accoucher chez elles… Personnellement, je trouvais ça chouette et sympa de faire son bébé chez soi… mais comme je disais si bien à l’époque « moi je ne prendrais pas le risque »… Je me souviens même en avoir discuté avec le papa à l’époque qui m’avait rétorqué « oui et si il arrivait quelque chose moi j’en voudrais à ma femme » … Voila, c’était il y a 6 ans, j’étais enceinte de ma 1ère, je souhaitais un accouchement naturel sans péridurale mais en maternité (parce que comme on dit «on ne sait jamais »).

Que ce serait-il passé si le personnel soignant avait respecté mes souhaits ? Si cette 1ère naissance s’était déroulée aussi naturellement que ce que j’espérais ? Je ne sais pas comment j’aurais évolué sur mon parcours et mes naissances… Toujours est-il que, malgré une naissance douloureuse mais rapide, le personnel et les protocoles de la maternité m’ont volé la naissance de ma fille… Je ne reviendrai pas dessus, malgré tout, c’était une belle naissance, j’étais devenue Maman. Mais une chose était certaine : pour le 2ème, je ferais mon bébé sans aide (mais toujours en maternité !) … Pour mon deuxième, j’ai donc évolué, et changé de maternité, préparé un projet de naissance et eu un accouchement « de rêve ». Une jolie naissance, douloureuse et intense, mais naturelle. J’étais si fière de moi, de ma capacité à donner la Vie !

Et puis quand on a remis ça, pour la 3ème… Je souhaitais à la base une naissance en maternité une fois encore, mais je voulais ce qui m’a manqué pour les 2 premières naissances : un suivi personnalisé, une personne de confiance, une sage-femme qui me connaisse et qui soit présente le jour J. Coup de chance dans mon nouveau département, l’accompagnement global à la naissance existe… Qui plus est, la sage femme avec laquelle je rentre en contact est extraordinaire. Présente, à l’écoute, elle a le TEMPS ! Chaque rendez vous avec elle est source de bien être, de confiance, et d’échange. Je ne suis pas un numéro de dossier, je suis moi, avec mes antécédents, et mon passé de femme. Chaque nouveau RDV est attendu avec impatience. Je découvre l’accompagnement global à la naissance… Ce qui est génial, c’est qu’Elle sera là le jour J ! Elle sera là, elle m’aidera, elle connaît mes angoisses, mes peurs. D’ailleurs, ce climat de confiance installé petit à petit me fait avancer … Finalement, plutôt que d’aller à la maternité et rentrer quelques heures après à la maison, pourquoi ne pas rester à la maison ? Je connais ma Sage-Femme, je lui fais confiance, je sais qu’en cas de soucis, on ira à la maternité. Cette idée germe au fond de moi. Je lui en parle sans en parler à mon homme. Elle me sourit, elle n’est pas contre… Reste plus qu’à convaincre Monsieur… Je ne lui en parle pas plus que ça, j’attends qu’il rencontre notre Perle pour en parler… Il est conquis, il la trouve présente, sérieuse, et il accepte. Il est en confiance. Nous sommes mutuellement en confiance. Notre sage femme accepte donc ce futur AAD à condition que je n’ai pas de soucis particuliers, que je reste dans le cadre d’un accouchement « à bas risques ». Et si elle est prise en plateau technique, j’irai moi aussi en plateau technique.

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Voila, c’est fait, c’est lancé… Les derniers mois de grossesse sont surexcitants, j’imagine 3000 fois cette naissance … Dans notre lit ? Dans la baignoire ? Sur le canapé ? Accroupie ? à genou ? L’avantage de l’accompagnement global à la naissance c’est qu’Elle me connait. Elle connait mon dossier. Et on travail ensemble sur les petits «

dérèglements» à régler : quelques compléments alimentaire naturels pour éviter l’anémie ou la tension, histoire que je sois « au top » pour attaquer le 9ème mois. Elle n’est pas intrusive et ne le sera pas.

Le jour J arrive, Elle viendra une 1ère fois, l’accouchement n’est qu’à son début… Elle vérifiera que tout va bien et me laissera. Je passerai la journée à attendre que le travail démarre vraiment. Lorsque je sens que c’est (enfin !) le moment, Elle viendra cette fois-ci accompagnée d’une collègue. Elles seront deux, présentes, rassurantes, aimantes. Elles m’accompagneront, elles m’encourageront, puis elles « disparaîtront » en quelques heures… 1 heure à peine après leurs arrivées, notre fille nous avait rejoints. Elles nous laisseront dans l’intimité de la découverte de ce nouveau bébé. Pendant la naissance, c’est Elle qui m’a accompagné, elle m’a fait un monitoring mais ce n’étais pas moi qui était allongée à ne pas bouger, c’est Elle qui s’est adaptée à ma position. Elle aura été là pour moi, de A à Z. Pour les suites de couches c’est encore Elle qui passait à la maison…

Le jour ou Elle m’a dit que ça y est, elle ne reviendrait plus à la maison, l’allaitement étant bien parti, les suites de couches bien réglées… Elle m’a embrassé, comme une Amie qui quitte une Amie. Un pincement au cœur. Comment oublier celle qui m’a accompagné dans un moment aussi important ? Celle qui m’a fait confiance ? Celle qui m’a donné confiance !

Aujourd’hui, je la vois encore, j’ai toujours une bonne excuse pour aller discuter avec elle… Allaitement, diversification … Je ne peux me résoudre à « tourner la page »… Parce qu’Elle a compris que l’aventure de la grossesse était une aventure HUMAINE !

Merci à C. de m’avoir fait confiance, Merci d’avoir été là. Merci de nous avoir accompagnés dans cette naissance…

Et moi ? Bah je ferais bien un ptit dernier … pas pour la route ! Mais pour être à nouveau chouchoutée, accompagnée et donner la vie dans la douceur de notre foyer…

mélodie 2

Paroles de Grande Sœur :

Quand je suis née, le projet que ma maman avait pour ma naissance n’a pas été respecté. Alors pour mon petit frère elle a décidé de changer de maternité. La bas, son projet à été respecté, mais il y a un mais : la maternité était très très très loin ! 1 Heure de route. Et moi, quand mon petit frère est né je n’avais que 18 petits mois. J’étais encore un peu un bébé moi. Et moi, bah, je n’ai pas compris pourquoi, parce que ma maman avait eu son bébé, je ne pouvais pas rester dormir avec elle. Alors oui, j’avais mon super papa pour moi toute seule… Mais chaque jour où nous sommes allés voir maman et le petit frère, je ne voulais plus partir. Je pleurais. Beaucoup. Maman aussi pleurait. Beaucoup. Et puis enfin elle est rentrée à la maison avec mon petit frère. 4 nuits sans ma maman ! C’était la 1ère fois que ça m’arrivait. Qu’est-ce que c’était dur ! A son retour elle pleurait encore beaucoup. Moi aussi, un peu… Et je me souviens elle m’avait promis que la prochaine fois, quand y aura un autre bébé, elle fera tout pour que l’on ne soit plus séparées.

mélodie 9

D’ailleurs quand elle m’a dit qu’il y avait un autre bébé dans son ventre, je n’étais plus bébé ! J’avais 5 ans ! J’étais grande ! Mon petit frère aussi était grand il avait 3 ans et demi. Mais j’ai quand même demandé : tu resteras longtemps à la maternité encore ? Mais maman m’a souri et m’a promis que non. Qu’elle fera tout pour ne pas rester longtemps à la maternité. Qu’elle avait trouvé une super Sage Femme qui viendrait à la maison pour surveiller que tout aille bien. Et puis même quand son ventre est devenu très gros, elle m’a même dit que si tout allait bien, notre petite sœur naîtrait à la maison. Et bien je vais vous dire moi : Ma petite sœur, elle est née à la maison, et ma maman, elle nous a raconté tous les soirs des histoires, juste après la naissance ! et elle était là pour nous faire le câlin et le bisou tout doux d’avant dodo… Et puis elle était là, avec notre petite sœur, notre vie à 5 a commencé … Si simplement ! et sans larmes…Moi et mon petit frère, on était super contents d’avoir notre maman et notre bébé pour nous !!

J’imagine…

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Témoignage de Charlotte, maman

Mon bébé, mon tout petit ou ma toute petite, mon futur petit être, je rêve déjà de toi, de ta création, de ta vie en moi, de ta naissance au sein de notre foyer.

J’imagine être entourée de ton papa, et d’une femme exceptionnellement gentille, douce, respectueuse de nos volontés, pour m’aider au moment où tu auras décidé de nous rencontrer. J’imagine être à la maison, et y rester surtout. J’imagine l’atmosphère des pièces, comme une bulle coupée du monde, comme un nuage moelleux, chaleureux où régnerait la sérénité et l’amour. J’imagine la magie de l’instant, ce temps suspendu où plus rien ne compte à part toi, ton papa, ton frère et moi. J’imagine le calme après ta première inspiration, blotti(e) au creux de mes bras, emmitouflé(e) dans un linge chaud et d’une infinie douceur, cherchant d’instinct mon sein pour te délecter et te rassurer. J’imagine un câlin tous les quatre et cette femme si discrète nous apporter les soins dont nous avons peut-être besoin. J’imagine le repos, les odeurs familières, et la certitude de t’avoir offert la plus respectueuse des naissances.

J’imagine car je ne sais pas ce que sera demain. Mais j’aimerais tant vivre cette expérience unique dans l’intimité que l’on a choisie! Quand je lis les histoires de toutes ces femmes qui ont donné naissance à leur(s) enfants(s) au sein de leur foyer, et que les larmes me montent aux yeux, je n’exprime en fait que l’émotion de l’expérience la plus naturelle au monde : donner la vie.

Ton grand frère est né à la maternité, de la façon la plus naturelle possible, et non qui soit… En plein accouchement, on ne pense plus à tout… Pour lui, je n’ai pas pensé à refuser de m’allonger sur le dos, je n’ai pas réussi à faire abstraction du monitoring, plus stressant que rassurant, et quand la sage-femme s’est « souvenue » que la position sur le dos était la pire sans péridurale et qu’elle m’a proposé de me mettre par terre, je ne me sentais plus capable de bouger, j’étais perturbée, agitée, alors que tout mon travail s’était fait sereinement, seule avec ton papa, dans la pénombre, et la position que je voulais. Cette salle d’accouchement était trop éclairée, trop bruyante, trop loin de mon idéal.

Sa naissance a tout de même été merveilleuse en soi, je n’espérais pas forcément mieux avant… Mais maintenant, j’ai évolué, j’ai pris du recul et vu ce qui n’allait pas.

La chute hormonale a été très brutale aussi, et les larmes coulaient à flots alors que j’étais la femme la plus heureuse de la Terre! Mais aujourd’hui, je réalise que ce cafard monstre qui me guettait et me sautait dessus chaque soir avant que ton papa ne quitte la chambre de la maternité ne traduisait en fait qu’un sentiment d’abandon, d’être « incomplète ». Ma famille n’était pas réunie 24h/24 et dans cette atmosphère froide et neutre, je n’arrivais pas à me consoler.

Je ne jette aucune pierre sur cette structure où ton frère est né, j’ai eu un soutien hors pair pour la mise en route de l’allaitement et une écoute à n’importe quel moment du jour ou de la nuit.

Mais je sais que je veux plus pour toi; je veux mieux pour nous. Je veux la liberté de la position jusqu’à l’expulsion, je ne veux pas le risque d’une intrusion médicale non justifiée, je veux du calme pour toi, qu’on ne nous réveille pas le matin parce qu’il faut manger ou faire le lit, qu’on ne vienne pas nous déranger pour toujours poser les mêmes questions, qu’on ne soit pas coupés(es) de ton frère et de ton papa, qu’on ne nous oblige pas à se laver à telle ou telle heure, à prendre les repas à heures fixes, je veux mes affaires sous la main, mes odeurs, mes repères. Je veux épargner la fatigue des allers-retours à ton papa avec le risque routier qui l’accompagne. Je veux que ton frère ne se sente pas exclu de mes bras, qu’il retrouve tout de suite sa place et t’en fasse une belle à ses côtés.

Je veux que ta vie démarre ainsi parce que nous n’avons besoin de rien d’autre à part tout l’amour du monde

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Mais que risquent-elles?

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Depuis plus de deux mois, nous nous mobilisons pour défendre l’accouchement à domicile, et plus précisément pour réclamer que les sages-femmes accompagnant ces accouchements bénéficient d’une assurance responsabilité civile à un tarif non prohibitif. Depuis que l’Ordre des sages-femmes, au cours de l’été 2013, a rappelé qu’une couverture assurantielle était indispensable à l’exercice de ces actes, le risque de sanctions par les sages-femmes pratiquant des accouchements à domicile sans assurance responsabilité civile professionnelle apparaît plus présent. Et pourtant,…

La situation a-t-elle changé?

NON: sur le plan juridique, la situation n’a pas changé. Il n’y a, en effet, pas eu d’évolution des textes législatifs ou réglementaires et les sanctions encourues pour défaut d’assurance par les sages-femmes sont les mêmes avant et après l’intervention de l’Ordre des sages-femmes. 

L’assurance responsabilité civile est-elle obligatoire?

OUI: c’est l’‘article L1142-2 du Code de la santé publique qui prévoit que "les professionnels de santé exerçant à titre libéral… sont tenus de souscrire une assurance destinée à les garantir pour leur responsabilité civile ou administrative susceptible d’être engagée en raison de dommages subis par des tiers et résultant d’atteintes à la personne, survenant dans le cadre de l’ensemble de cette activité. "

Une sage-femme risque-t-elle une peine de prison pour défaut d’assurance?

NON: une sage-femme n’encourt pas de peine de prison pour le seul fait de ne pas être assurée.

 

Alors, que risquent les sages-femmes accompagnant des accouchements à domicile pour ce seul défaut d’assurance?

Ce seul fait peut engager à la fois la responsabilité pénale et la responsabilité disciplinaire de la sage-femme.

 

1- la responsabilité pénale:

Le défaut d’assurance est une infraction pénale susceptible d’être poursuivie devant un tribunal correctionnel et pour laquelle la sage-femme encourt les sanctions suivantes prévues par l’article L1142-25 du Code de la santé publique:

- 45.000€ d’amende (c’est le montant maximal que peut prononcer le tribunal)

- une peine complémentaire d’interdiction d’exercer l’activité professionnelle ou sociale dans l’exercice de laquelle ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise (définitive ou temporaire pour un maximum de 5 années)

 

2- la responsabilité disciplinaire (ou ordinale):

Le défaut d’assurance est aussi une des obligations professionnelles et déontologiques de la sage-femme: en cas de manquement à cette obligation, la sage-femme peut être poursuivie devant l’instance disciplinaire compétente (article L1142-2 du code de la santé publique dernier alinéa), à savoir la chambre disciplinaire de l’ordre des sages-femmes.

Les sanctions encourues sont les suivantes:

- l’avertissement

- le blâme

- l’interdiction temporaire avec ou sans sursis ou l’interdiction permanente d’exercer une, plusieurs ou la totalité des fonctions de sage-femme

- la radiation du tableau de l’Ordre

A ce jour, aucune sage-femme n’a fait l’objet de poursuites pénale et/ou disciplinaire pour le seul fait de ne pas être assurée. Le courrier de rappel à la loi de l’Ordre des sages-femmes a, en revanche, conduit certaines sages-femmes à arrêter la pratique des accouchements à domicile par crainte de poursuite et de sanctions.

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Chaque fois que l’enfant paraît, c’est un instant magique

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Dominique, sage-femme et maman

Je suis sage femme depuis un nombre certain d’années et libérale depuis un peu moins. Mon parcours est atypique: j’ai refusé un CDD en maternité universitaire ( oohh la vilaine!! ) et suis partie travailler en Suisse dans une toute petite structure "comme à la maison".

A notre retour en France, quand notre premier enfant s’est annoncé, tout naturellement, le domicile est apparu comme une alternative très attirante. Malheureusement le futur papa était un peu stressé car pas informé ( il n’est pas du tout de la partie ) et ne s’est pas senti prêt, donc organisation pour la maternité. Sauf que ces chers anges arrivent surtout la nuit et que je suis sympa de nature, j’ai donc laissé papa dormir ! Vers 6 heures du matin, il était temps de partir: on habite dans un de ses déserts médicaux où la première maternité se trouve à 1 heure de route minimum. Résultat : arrivée de bébé 1/4 d’heure après la notre, et retour chez nous très rapidement ensuite, pour le plus grand bonheur de tous.

C’est donc tout naturellement encore que les trois petits suivants sont nés chez nous, accompagnés chaque fois d’une collègue différente mais dans une ambiance chaleureuse et détendue (si, si!), du pur bonheur.

Le fait d’avoir pu moi même profiter de ce confort extrême m’a fait réaliser à quel point il était important pour moi de permettre à d’autres couples de pouvoir bénéficier de cette chance et je me suis lancée! C’était entre bébés 3 et 4 pour moi. Cela me demande un peu d’organisation et une belle disponibilité de mon entourage proche mais ça se fait! De plus, chaque fois que l’enfant parait, c’est un instant magique qui fait oublier tout le reste. En plus en ce moment, le reste est costaud!!

J’ai vraiment l’impression d’être victime d’une chasse aux sorcières, comme au moyen âge! Tout est fait en haut lieu pour faire arrêter cette pratique, mais au fond de moi, je sais qu’il n’y a rien de mieux pour accueillir ses enfants, quand on s’en sent le courage bien sur. L’accouchement à domicile est réservé à une petite partie de gens et ne peut pas convenir à tout le monde. Il est vital que ce choix existe encore, mais il nous appartient aussi de permettre aux couples qui accouchent en maternité de sortir des suivis "standardisés" et de se sentir là en sécurité, mais comme à la maison.

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