L’ANSFL et l’UNSSF initient conjointement une procédure de recours contre le BCT

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Le CDAAD transmet leur dernier communiqué :

"Le 9 juillet 2014

Communiqué ANSFL et UNSSF

Depuis 2001, les sages-femmes pratiquant les accouchements à domicile ont les plus grandes difficultés pour accéder à une assurance responsabilité civile professionnelle couvrant l’ensemble de leur exercice. Malgré de nombreuses démarches, les tarifs proposés par l’intermédiaire du Bureau Central de Tarification (B.C.T.) restent totalement disproportionnés par rapport aux revenus des sages-femmes.

Après une étude approfondie de la situation avec notre avocat (débutée dès septembre 2013), il a été décidé d’engager une procédure de recours contre le BCT. Cette démarche a été impulsée par l’ANSFL (Association Nationale des  Sages-Femmes Libérales) et l’UNSSF (Union Nationale et Syndicale des Sages-Femmes) qui apportent les premiers fonds pour financer cette action. Nous avons choisi Jacqueline LAVILLONNIERE pour porter ce dossier.

Cette sage-femme, reconnue par ses pairs, engagée dans la défense et la promotion de la profession, pratiquant l’accouchement à domicile depuis plus de quarante ans, experte auprès de la Haute Autorité de Santé, chevalier de la Légion d’Honneur, nous apparaît comme la représentante la plus légitime de ce dossier.

Ce combat pour l’assurance est autant celui des femmes et de leur liberté de choix que celui des sages-femmes et de leur liberté d’exercice.

 Les procédures  juridiques sont coûteuses. Une souscription est ouverte à tous ceux et celles qui veulent soutenir cette démarche.

 Pour y participer nous vous invitons à suivre ce lien :

www.lepotcommun.fr/pot/70u3kyuf  toute somme, même modique sera la bienvenue.

Nous vous remercions pour votre confiance.

Madeleine Moyroud                                                                                        Sophie Foucher

Présidente ANSFL                                                                                             Présidente UNSSF

Tel : 06 13 41 63 99                                                                                         Tel : 06 81 64 70 64"

APPEL À TÉMOIGNAGES : LA SUITE !

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Suite à notre article :

http://choisirsonaccouchement.wordpress.com/2014/06/10/appel-a-temoignage-parce-quavoir-le-choix-cest-notre-droit/

Nous remercions toutes les participations, une soixantaine de témoignages enregistrés a priori.

Ce n’est pas fini ! Celles qui n’ont pas témoigné et souhaitent le faire peuvent  ! Nous souhaitons poursuivre les envois au CNOSF (+ copie CDAAD avec si possible remplissage du tableau de suivi – tableau là : https://docs.google.com/spreadsheets/d/19Zd0ZrW-m6LTBwJ8vYUkFyRavKBLhYWQcFkOPu2ORK0/edit ) pendant quelques semaines, après ce premier envoi en masse.

Des lettres seront publiées prochainement sur le blog.

Merci de votre participation et de faire tourner !

TRIBUNE LIBRE : Réponse à l’article “Accouchements dans la nature à la télé : dangereux, obscène, ce programme m’écoeure déjà”, par Corinne B.

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Avec ce billet, le Collectif de Défense de l’Accouchement À Domicile inaugure une nouvelle rubrique sur son blog : Tribune libre.
Elle accueillera les billets de ses membres et sympathisants qui voudront faire part de leur point de vue sur l’accouchement à domicile, sur la périnatalité, leurs réactions à l’actualité et aux différents points de vue exprimés ailleurs sur le web et dans la presse.

Important : les billets classés dans cette section seront de la seule responsabilité de leur auteur et ne seront pas nécessairement le reflet des positions adoptées par le CDAAD.

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Depuis quelques jours, une future émission de téléréalité américaine fait couler beaucoup d’encre :  Born in the wild, petit frère de notre émission Baby-boom, dans une version accouchement non assisté en pleine nature.

Très loin donc a priori des images diffusées sur une de nos chaînes françaises, les débats entourant ce nouveau programme sont souvent tendus, entre “pro” et “anti” accouchement hors structure.

Droit des femmes, féminisme, droit de l’enfant, sécurité, souffrance, beaucoup de sujets sont abordés, avec plus ou moins de bonheur et d’exactitude.

Si l’accouchement non assisté sort du domaine d’action du CDAAD, un billet a tout du moins retenu l’attention de beaucoup d’entre nous car évoquant de manière succincte l’accouchement à domicile. J’ai souhaité donc répondre à son auteur, non pas sur la pertinence d’un tel programme télévisuel, mais sur ses assertions sur le déroulement d’un accouchement, la mode de “l’accouchement naturel” qu’elle décrie, et enfin, évidemment, sur ses propos concernant l’accouchement à domicile.

 “Accouchements dans la nature à la télé : dangereux, obscène, ce programme m’écoeure déjà”, par Corinne B.

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1211358-accouchements-dans-la-nature-a-la-tele-dangereux-obscene-ce-programme-m-ecoeure-deja.html

 

L’accouchement “naturel” : une lubie anachronique ?

Madame Corinne B. dit : “[ce programme] nous montre des accouchements qui n’existent pas dans la réalité. Pour un premier bébé, le travail (lorsque l’utérus se dilate) peut durer jusqu’à 20 heures. La douleur des contractions varie d’une femme à l’autre mais vient un moment où elle devient insoutenable (merci la péridurale). 

Autre chose : on n’expulse pas un bébé en deux temps trois mouvements. Cela demande un effort considérable. Mais il est vrai que pour un deuxième enfant, voire troisième, les choses peuvent aller beaucoup plus vite.”

L’auteur souligne très justement la diversité des expériences dans l’accouchement. Mais il est inexact de propager l’idée qu’une primipare mettra nécessairement un grand nombre d’heures à enfanter (tout comme prétendre le contraire serait tout aussi erronné). L’estimation même de ce temps de travail est difficile à réaliser. Certaines compteront dès les premières contractions à la maison, d’autres durées de travail seront comptabilisées dès l’arrivée à la maternité, et d’autres encore ne réaliseront qu’avec l’imminence de l’expulsion qu’elles sont arrivées à la fin de cette phase.

Il est important aussi de mettre en lumière la différence de perception de la douleur des contractions d’une femme à l’autre. Mais il est encore une fois péremptoire de dire qu’elle devient systématiquement insupportable.

En dehors de la tolérance propre de chaque femme à la douleur, celle-ci peut trouver son envergure dans de nombreux facteurs : déplacement de la maison à l’hôpital – suspecté ralentir voire arrêter le travail pour un temps – dans l’inconfort d’une voiture, mobilité réduite, position allongée, stress, examens invasifs répétés, … Lorsque la femme a la possibilité d’exclure les causes aggravant la douleur, elle a dès lors plus de chances de pouvoir y faire face.

Des accouchements rapides, à la douleur maîtrisée, existent donc bien, contrairement à ce que prétend Madame Corinne B.. Il ne s’agit pas de science-fiction.

Plus loin, l’auteur reprend cette idée de souffrance incontournable : “Cette émission m’inquiète car elle conforte la tendance de l’accouchement naturel. Pratique à mes yeux rétrograde qui, en plus de faire souffrir les femmes qui s’y collent (accoucher sans anesthésie, ça fait mal), culpabilise les autres.”

Il est regrettable de penser encore en 2014 que la péridurale est le seul sésame disponible pour les femmes afin d’échapper à la souffrance. Mais force est de constater que c’est malheureusement la pensée qui prédomine aujourd’hui, preuve d’un manque d’information flagrant des femmes.

La souffrance. Le mot est fort et fait peur, à juste titre. Il est cependant utile d’apporter à cette souffrance décrite un autre éclairage. L’accouchement n’est pas source de souffrance. Il est vecteur de douleur, qui devient elle-même vecteur de souffrance lorsqu’elle n’est pas correctement prise en charge et que la femme n’est ni suffisamment préparée ni parfaitement informée.

Un accouchement n’est pas comme un accident grave de la circulation qui surgit sans prévenir, où la souffrance est subite, sans but et non délimitée dans le temps ; bien au contraire, la femme dispose de près de neuf mois pour recevoir une information concrète, globale et correcte de ce qui l’attend et de comment s’y préparer le plus sereinement possible (et ce, en ne comptant que la durée de la grossesse, l’éducation à l’enfantement pouvant être antérieure à la conception).  S’il est un point à décrier aujourd’hui par contre, ce sont bien les lacunes d’un trop grand nombre de cours de préparation à l’accouchement qui n’accomplissent pas leur office et ne préparent aucunement à la gestion de la douleur.

Ce manquement aux droits des patients de recevoir une information juste donne une vision déformée de la douleur de l’accouchement qui se transmet de femme en femme, de billet de blog en article de presse.

S’il ne faut pas remettre en cause l’utilité de la péridurale lorsque la femme ne gère plus la douleur et ressent le besoin d’une aide pour pouvoir conserver des forces pour l’expulsion – et plus encore pour le moment où elle accueillera contre elle son enfant -, on peut par contre s’interroger sur sa dimension exacte lorsqu’elle n’est que la conséquence d’une mauvaise prise en charge de la douleur.

Sur cet aspect là, nous pouvons rejoindre l’avis de Madame Corinne B. lorsqu’elle affirme que des femmes qui accouchent sans anesthésie souffrent. Il existe en effet des femmes qui souhaitent accoucher sans ce type d’aide et trouve la force malgré leur souffrance – et non plus seule douleur – de donner naissance ainsi parce qu’elles n’ont reçu aucune formation à la gestion de la douleur et/ou que le contexte ne leur permet pas d’appliquer les techniques apprises ; protocoles médicaux les obligeant à l’immobilité, à une position donnée, touchers vaginaux répétés, monitoring continu, pas de sage-femme disponible, ou même formée, au soutien, stress iatrogène, les raisons contraignantes sont multiples.

Pour reprendre la formule de l’auteur “accoucher […], ça fait mal”. Oui. Mais avoir mal ne signifie pas pour autant souffrir le martyr, et comme vu ci-dessus, les raisons à cette souffrance peuvent être multiples et la problématique est bien plus large que la question “péri / pas péri”. Il est utile aussi de rappeler qu’une anesthésie peut-être elle-même source d’inconfort, voire de douleur (perte totale de sensations, effet d’un seul côté, …) et être tout autant mal vécue.

Cette peur de la souffrance semble cristalliser toute la hantise de l’auteur d’une tendance émergente de “l’accouchement au naturel”, “pratique rétrograde” de son point de vue.

L’utilisation du mot “tendance” est particulièrement intéressant. Celui-ci peut être en effet perçu de deux façons distinctes. La première le rapprochera du mot “mode”. Tout comme la lubie de porter tel ou tel accessoire vestimentaire, la volonté actuelle de sortir du schéma préconçu de l’accouchement tout médicalisé est-elle vouée à être éphémère ? A n’être qu’un simple effet de groupe, un anti-conformisme consumériste périssable ? Il est vrai qu’on peut constater dans une certaine presse un engouement pour les accroches jouant sur la notion de “naturel”, sorte de greenwashing de la féminité 2014. Mais cette mouvance marketing est-elle l’exacte image de cette idée émergente ?

On peut plutôt penser qu’elle s’entend bien au contraire dans le sens plus profond d’aspiration, d’inclination. Il serait dès lors peut-être pertinent de placer les femmes faisant le choix, encore certes minoritaire, de l’accouchement “naturel” dans une plus haute considération au lieu du mépris malvenu qui leur est souvent opposé.

Cet intérêt pour une autre voie est peut-être tout simplement le signe d’un changement, d’une évolution, d’une révolution même dans leur conception de la féminité et du féminisme. Une évolution pas si neuve que ça au final même, le nombre d’accouchements à domicile par exemple étant longtemps resté stable (la tendance s’inversant du fait de l’arrêt de nombreuses praticiennes à cause des pressions). Aucune roue n’est réinventée, elle ne peut qu’être améliorée.

La modernité d’un choix se jauge t’elle à sa seule technicité ? On peut croire plutôt que le modernisme est d’apprendre ses leçons du passé et de tirer de chaque expérience le meilleur pour donner naissance à de nouvelles pratiques, dans la continuité plus que dans la rupture.

L’accouchement non médicalisé aujourd’hui est la somme de ces réflexions sur l’accouchement au fil des décennies, si ce n’est des siècles passés. Il est autant l’enfant de la science que de la nature. Débarrassé des normes sociétales qu’on voulait faire peser sur lui, tant religieuses que morales ou politiques, il ne cherche pas à remplacer l’actuel standard qu’est l’accouchement médicalisé dans sa quasi hégémonie. Il se pose en alternative, non pas en choix unique. Il se veut le choix particulier de chaque femme, résultat d’une histoire personnelle intime et ne répondant pas à des statistiques, ne rentrant pas dans des cases pré-étudiées. S’il y a volonté d’imposer une mode, elle est le fait d’une minorité qui chercherait à récupérer un “concept”. Pour chaque femme, au niveau individuel, il n’est question que de choix personnel, sans viser à révolutionner le monde par son seul accouchement.

L’erreur de perception provient peut-être de la possibilité qu’offre aujourd’hui internet aux gens de communiquer aisément avec des personnes aux sensibilités proches et donnant ainsi lieu à des échanges, des discussions.

Pour finir la contre-analyse du propos de l’auteur lorsqu’elle parle de culpabilité, on peut estimer qu’il est dommage que cette dynamique d’échanges soit ainsi perçue. Les femmes ayant opté et vécu un “accouchement naturel” ne revendiquent pas, pour la très grande majorité, de hauts faits de guerre. Elles réinventent simplement la communication entre femmes et brisent le tabou de notre société moderne occidentale qui voudrait enfermer les secrets de l’enfantement entre les murs des bureaux des médecins. Pourquoi sauter à la conclusion que rapporter une expérience différente aurait pour but inavoué de culpabiliser d’autres femmes ? Et pourquoi les femmes se sentiraient obligées de culpabiliser de leur choix ?

Il est au contraire sain aujourd’hui que les femmes se saisissent pleinement de leur corps, de leur grossesse, de leur accouchement.

Madame Corinne B. s’indigne : “Une chose est sûre, l’émission va cartonner. Les femmes ont toutes envie de savoir comment se passe un accouchement. Et les pervers aussi. L’expression "vidéo accouchement" fait partie du top des recherches sur Google”.

Au-delà de la question de voyeurisme de l’émission, programme qui au final se révèle être un détail peu important ici au vu du reste des questions soulevées, l’auteur reconnaît l’intérêt porté à cette question. Pourquoi brandir immédiatement la perversion qui reste très certainement marginale ? Les femmes sont à la recherche d’explications, preuve supplémentaire de l’ignorance dans laquelle nous restons cantonnées. Plus loin, elle qualifie la tendance “d’accouchement naturel” de “triste retour en arrière”. On peut objecter que bien au contraire, il s’agirait là d’une libération supplémentaire des femmes d’un diktat vieux de plusieurs décennies, dernier héritage du patriarcat judéo-chrétien voulant que l’accouchement serait un sujet avilissant, sale, sur lequel on ne devait pas communiquer, une question qui ne devrait pas être discutée publiquement.

Il est donc salutaire qu’aujourd’hui les femmes se sentent le droit de parler librement de ce dernier bastion de la féminité, qu’elles se sentent libres de briser les tabous, d’opposer d’autres expériences à la seule idée de “souffrance absolue”. Cette parole unique que l’on nous vend au travers de noms redondants dans les journaux n’est-il pas au contraire bien le reliquat de l’ancienne position qui voulait que l’enfantement devait se faire dans la douleur ?

Il était urgent que les femmes initient cet échange d’informations et de points de vue, et que les mères offrent une vision plus représentative de l’accouchement au travers de la multitude de leurs ressentis et expériences.

Nonobstant une fois de plus la pertinence de tels programmes télévisuels, ou même la question de la motivation des femmes à proposer la vidéo de leur accouchement, il est étonnant en 2014 de parer encore de telles images d’une aura négative alors qu’elles pourraient être considérées sous un angle purement informatif à destination des autres femmes. Il y a quelques jours, un autre scandale secouait le net avec la performance d’une artiste ayant posée nue sous le tableau L’origine du monde de Gustave Courbet. Le sexe “qui accouche” est-il encore à ce point mystifié qu’on ne peut le montrer, du moins entre femmes ? Est-ce là l’exemple de la femme libérée des carcans ?

L’auteur opère un raccourci dangereux à relever : “Pour être une bonne mère aujourd’hui, il faudrait aussi avoir accouché dans la douleur quand on écoute les médias, les sages-femmes. Sans compter les dizaines de bouquins qui plébiscitent cette pratique”. Cette classification des femmes en tant que bonnes ou mauvaises mères est à déplorer et signe encore d’une compétition malvenue qu’on cherche à créer entre elles lorsqu’il est question de choix personnels et intimes. On peut noter que dans la phrase suivante, l’auteur elle-même plébiscite le dernier ouvrage d’Odile Buisson alors qu’elle semble dénier le droit de se référer aux “dizaines de bouquins” informant des alternatives à l’accouchement en structure…

Il est étonnant et en même temps très révélateur que l’auteur ne développe sa vision de l’accouchement quasiment que sur les seuls axes de la souffrance et de l’anesthésie.

La péridurale n’est pas le symbole de la dure lutte des femmes dans l’obtention de leurs droits ou de l’héritage des générations passées. Le réel symbole pour beaucoup de femmes, certainement en effet de plus en plus nombreuses, ne s’injecte pas via un cathéter. Il est intangible mais ô combien plus important au jour le jour : le droit de choisir, sans pression, ni d’un extrême ni de l’autre dans une réelle application d’un principe cher à notre pays, la liberté individuelle.

Arrêtons de faire peser sur les épaules des femmes le combat de celles les ayant précédées comme si c’était un fardeau intouchable à vénérer. Accordons leur au contraire le droit d’inventer de nouvelles convictions, qui, contrairement à ce qu’on veut faire penser, peuvent s’inscrire parfaitement dans l’idée de libérer toujours plus la femme. Lorsqu’il est question de DROIT AU CHOIX, on ne peut absolument pas parler de retour en arrière.

Arrêtons de ne voir dans les approches alternatives à l’accouchement en structure qu’une simple réaction à l’hypermédicalisation. Si celle-ci fait probablement partie des premières causes à cette nouvelle évolution, il serait réducteur de la poser en seul moteur. Reconnaissons aux femmes la victoire ultime : celle d’être des êtres dotés d’une réflexion propre, ne suivant pas aveuglément tel ou tel diktat, telle ou telle voix que la société accepte de voir prédominer. C’est là notre réel héritage de filles de nos mères, grands-mères, arrières-grands-mères : nous ne sommes pas des brebis égarées tremblant d’incertitudes à la recherche d’un berger clairvoyant. Les femmes sont plurielles et ne sauraient être réduites à un seul schéma. C’est, à mes yeux, là l’outrage rétrograde qui leur est fait et une insulte pour nos aïeules. Je suis intimement persuadée qu’une grande majorité serait fière de voir leurs descendantes dire clairement : “Personne ne me passera la muselière, personne ne me dictera mes choix ! Je suis libre, ma vie et mon corps m’appartiennent !”. Ni dieu, ni maître. Ni déesse, ni maîtresse.

L’accouchement à domicile: une pratique dangereuse ?

Il est regrettable que dans cette volonté de détruire le droit au choix l’auteur n’ait pas fait preuve de plus de rigueur d’investigation en abordant la question de l’accouchement à domicile, expédié en un passage lapidaire : “Rappelons que les accouchements à domicile comportentplus de risques pour la maman et le bébé : mort fœtale in utero, hémorragie…Et encore, ces femmes qui mettent au monde leur enfant chez elles sont souvent accompagnées par leur sage-femme le jour J.”  avec un renvoi à un article lui-même laconique du magazine Parents.

Cet article ne fait lui-même preuve que de peu de rigueur journalistique. Il porte sur l’étude  « Apgar score of 0 to 5 minutes and neonatal seizures or serious neurologic dysfunction in relation to birth setting », Amos Grünebaum, Franck Chernevak et coll., publié dans l’American Journal of Obstetrics and Gynecology (AJOG) en 2013 (1). Contrairement aux approximations de Parents, elle porte sur l’analyse de 17 millions de naissance, dont près de 14 retenues finalement, sur la période allant de 2007 à 2010.

Si Parents rapporte cette fois ci correctement leurs conclusions, à savoir un risque multiplié par 10 de mort foetale et par 4 des problèmes néonataux, il faut savoir que celles-ci ont été remises en question à cause de la méthodologie adoptée.

Plusieurs critères méthodologiques souffrent en effet de critiques : l’étude se base uniquement sur les certificats de naissance, dont la fiabilité n’est pas assurée ; plus important encore, on peut noter qu’aucune distinction n’est opérée entre accouchement hors structure planifié et accouchement inopiné et que le suivi durant la grossesse, l’évaluation du risque de chaque cas par un personnel qualifié n’est pas intégré dans les critères, alors même que les auteurs définissent l’accouchement à domicile comme issue d’une grossesse à bas risque. Il est pertinent de souligner aussi qu’aux États-Unis, il existe plusieurs niveaux de qualification des sages-femmes en exercice, certaines certifiées (“certified nurse-midwives”) d’autres n’ayant aucune qualification. Ces différences ne sont pas actées dans l’étude suscitée.

On peut aussi relever que si en effet les risques sont multipliés dans le cadre d’un accouchement à domicile, tous types confondus, ils sont toujours classifiés en “risques relatifs”.

Il est toujours délicat de se référer à des études portant sur un système de santé totalement différent, dans la qualification du personnel, le système de remboursement des soins, le parcours de soin, etc.

Cependant, on peut plus volontiers se baser sur la somme des conclusions d’un nombre plus étendu d’études. On retiendra ainsi qu’elles sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses à conclure que l’accouchement à domicile programmé ne présente pas plus de risques qu’un accouchement en structure, sous conditions de suivi optimal et de qualification professionnelle suffisante de ses praticiennes ; certaines concluent même en faveur de l’accouchement à domicile sur certains points (moins de gestes médicaux superflus, récupération plus rapide, …).

On citera en premier lieu des études favorables pour l’accouchement à domicile programmé la meta analyse “Planned hospital birth versus planned home birth “, Ohlsen O, Clausen JA.. The Cohrane review. The Cochrane Library 2012, Issue 9 (2).

“La Collaboration Cochrane est une organisation à but non lucratif indépendante qui regroupe plus de 28 000 volontaires dans plus de 100 pays1. Cette collaboration s’est formée à la suite d’un besoin d’organiser de manière systématique les informations concernant la recherche médicale. De telles informations consistent en des preuves scientifiques pour la prise de décision médicale, fondées sur des essais cliniques bien menés. Les preuves scientifiques sont nécessaires pour prendre des décisions de soin efficaces et pour mettre en lumière les domaines où les données sont insuffisantes et où plus de recherches sont nécessaires2. La collaboration a pour but de regrouper des données scientifiquement validées de manière accessible et résumée. Elle conduit des revues systématiques (méta-analyses) d’essais randomisés contrôlés d’interventions en santé3,4. Ces travaux sont publiés dans la bibliothèque Cochrane (enanglais : Cochrane library). La collaboration a gagné des relations officielles avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en janvier 2011 en tant qu’organisation non gouvernementale. Elle a un siège à l’organisation mondiale de la santé pour apporter des contributions à l’organisation mondiale de la santé” (3) (4).

La conclusion des auteurs de cette étude : “Il n’existe pas de preuves solides issues d’essais randomisés en faveur de l’accouchement planifié à l’hôpital ou de l’accouchement planifié à domicile pour les femmes enceintes à faible risque. Cependant, les essais démontrent que les femmes habitant dans des zones où elles ne sont pas bien informées à propos de l’accouchement à domicile peuvent apprécier des essais bien conçus au plan éthique qui garantiraient un choix éclairé. Du fait que la qualité des preuves en faveur de l’accouchement à domicile issues d’études observationnelles semble en constante augmentation, il pourrait être tout aussi important de préparer une revue systématique régulièrement mise à jour, notamment des études observationnelles, ainsi que décrit dans le Cochrane Handbook for Systematic Reviews of Interventions que de tenter de mettre en place de nouveaux essais contrôlés randomisés.”

Je renvoie Madame Corinne B., ainsi que toute personne souhaitant s’informer réellement, à la dernière partie de notre dossier de presse actualisé (5), présentant succinctement les principales études publiées à ce jour sur l’accouchement à domicile.

On peut aussi porter à la connaissance des lecteurs de ce billet que les dernières recommandations du très sérieux National Institute for Health and Care Excellence britannique (NICE) poussent à favoriser l’accouchement à domicile, tout particulièrement pour les puînés (6). En date de mai dernier, ces recommandations, soutenues par le Royal College of Midwives (RCM), si elles étaient suivies pourraient révolutionner le schéma global périnatanal en Grande-Bretagne. Le Royal College of Obstetricians and Gynecologists (RCOG) ne s’est pas opposé aux arguments du NICE et s’est dit ouvert à l’idée d’un accès simplifié à l’accouchement à domicile pour les femmes vivant une grossesse à bas risques et correctement suivies, signalant simplement la nécessité de parfaire le parcours de soin pour optimiser les garanties de sécurité dans le cadre des transferts vers une structure médicalisée.

La démarche consistant à juger de la sécurité de l’accouchement à domicile au travers d’une seule étude américaine sujette à caution est donc à rejeter.

On peut par contre remercier Madame Corinne B. d’avoir très justement mis en valeur le rôle important de la sage-femme aux côtés des femmes (même si plus loin, elle semble les accuser de promouvoir la douleur dans l’enfantement).

C’est pour cette reconnaissance que le Collectif a été créé et oeuvre aujourd’hui. Au vu du court billet de l’auteur, il apparaît de manière encore plus flagrante la nécessité pour toutes les associations périnatales de travailler à la diffusion d’une juste diffusion et d’offrir un biais de communication aux personnes soucieuses de présenter l’accouchement respecté comme un droit à asseoir et défendre.

Paule BOUFFERET

 

(1) : « Apgar score of 0 to 5 minutes and neonatal seizures or serious neurologic dysfunction in relation to birth setting », Amos Grünebaum, Franck Chernevak et coll., publié dans l’American Journal of Obstetrics and Gynecology (AJOG) en 2013 : http://cfpcwp.com/MCDG/wp-content/uploads/2013/02/Grunbaume-home-birth.pdf

(2) : “Planned hospital birth versus planned home birth “, Ohlsen O, Clausen JA.. The Cohrane review. The Cochrane Library 2012, Issue 9  : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD000352.pub2/abstract

(3) : Présentation de la Collaboration Cochrane : http://fr.wikipedia.org/wiki/Collaboration_Cochrane

(4) : Collaboration Cochrane :  http://www.cochrane.org/ et http://www.cochrane.fr/

(5) : dossier de presse, CDAAD, 05/14 : http://choisirsonaccouchement.wordpress.com/2014/05/21/communique-de-presse-et-dossier-de-presse-pour-les-animations-du-24-mai-2014/

(6) : “Intrapartum care : care of healthy women and their babies during the childbirth”, NICE, 05/14 :  http://www.nice.org.uk/nicemedia/live/13511/67644/67644.pdf

Appel à témoignage: parce qu’avoir le choix c’est notre droit!!!

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Parce qu’il est désormais grand temps que les femmes soient entendues et respectées dans et pour leurs choix ! Grand temps qu’on leur accorde l’importance qui leur est dûe dans un système où on ne leur laisse que la place de spectatrices passives et infantilisées !

Les femmes sont lasses du jeu de dupe qui consiste à les assurer en paroles de leur droit au libre choix du lieu de naissance tout en organisant la disparition de l’accouchement à domicile dans les faits.

Lasses aussi de se voir imposer des solutions qui ne correspondent pas à leurs attentes, preuve que celles-ci ne reçoivent pas l’écoute nécessaire, ni de la part des institutions, ni de la part du monde médical.

Impossibilité de s’assurer et radiations pour les sages-femmes pratiquant les accouchements à domicile, impossibilité pour leurs patientes d’obtenir tous les médicaments et le matériel médical optimisant la sécurité de leur accouchement à la maison, les pressions ne cessent de se multiplier.

Tout comme le nombre de sages-femmes qui couvraient les accouchements à domicile et qui arrêtent augmente très rapidement : dans de nombreux départements, les femmes ne trouvent plus personne pour réaliser un accouchement à domicile. Parfois, la première praticienne est à 200 ou 300km !

Pour toutes ces raisons, aujourd’hui, le Collectif de Défense de l’Accouchement à Domicile demande aux femmes de faire entendre leur voix en masse.

 

Le 26 juin prochain, des sages-femmes rencontreront le Conseil National de l’Ordre des Sages-Femmes à Paris pour débattre de la question de l’accouchement à domicile.

C’est pourquoi nous invitons toutes les femmes souhaitant se joindre à l’action à envoyer leur lettre au Conseil National de l’Ordre des Sages-Femmes le 18 juin prochain.

Pour celles qui souhaitent soutenir activement les sages-femmes ayant été radiées dernièrement, vous pouvez également envoyer une copie de la lettre aux conseils départementaux dont elles dépendent, ainsi qu’à l’Agence Régionale de Santé >>>>> EN SUSPENS POUR LE MOMENT, EN ATTENTE DE RECONFIRMATION <<<<

(adresses plus bas)

 

Nous ne souhaitons pas soumettre un modèle de lettre fixe afin de laisser à chacune la liberté de témoignage.

Nous vous proposons néanmoins un plan général, qui pourra être adapté par chaque femme ayant déjà accouché, que ce soit à la maison ou en structure, ou étant en projet d’accouchement à domicile.

Pour celles n’ayant pas d’enfant et ne projetant pas d’en avoir, du moins pas à la maison, vous pouvez aussi envoyer une brève lettre de soutien au libre choix du lieu de naissance et aux femmes voulant pouvoir exercer celui-ci.

 

PLAN PROPOSÉ POUR LES TÉMOIGNAGES :

https://docs.google.com/document/d/1_Kb91zPDALZbiSMfJdVykJjPcYMpgrPVXFfDsSzta2w/edit?usp=sharing

L’objectif du Collectif avec cette action est de démontrer au Conseil National de l’Ordre des Sages-Femmes qu’il est important et urgent de péreniser l’offre AAD en France car lui seul peut répondre à l’attente de certaines mamans et que toutes les pressions qui pèsent sur les sages-femmes le permettant sont perçues comme la preuve que la mort de l’accouchement à domicile est programmé à court terme ; de démontrer aussi que les parents sont mobilisés.

Nous encourageons les femmes prêtes à témoigner à le faire de manière sereine, sans hostilité, en exposant simplement leur vécu.

Les femmes sont aux côtés de leurs sages-femmes libérales leur permettant d’accoucher à la maison en sécurité.

Il est urgent que les sages-femmes prouvent aux femmes qu’elles sont unies et non pas divisées sur la défense de toutes leurs compétences et de leur champ d’application.

 

Parallèlement à l’envoi des témoignages privés, le Collectif enverra lui aussi une lettre le 18 juin pour poser la question : qu’en est-il du CNOSF ?

 

En espérant que vous serez très nombreuses à participer,

Le Collectif de Défense de l’Accouchement À Domicile

N’hésitez pas à diffuser largement cet appel auprès de vos réseaux afin que nous puissions être largement suivis !

 

RAPPEL : LA DATE D’ENVOI EST FIXÉE AU 18/06 !

 

N.B. : afin de mesurer l’impact de cette action, nous vous saurions gré de nous signaler chacun de vos envois sur ce document :https://docs.google.com/spreadsheets/d/19Zd0ZrW-m6LTBwJ8vYUkFyRavKBLhYWQcFkOPu2ORK0/edit?usp=sharing

(si vous souhaitez conserver l’anonymat, une simple initiale pour le nom de famille sera suffisant)

Nous souhaiterions aussi recevoir une copie de votre lettre autant que possible : national.cdaad@gmail.com

Nous pourrons aussi publier prochainement sur notre blog un panel de ces témoignages. Si vous souhaitez proposer le votre, merci de nous le signaler dans le mail nous envoyant votre témoignage pour que nous vous fassions suivre le formulaire de consentement pour la publication. Chaque témoignage sera anonymisé.

 

Coordonnées :

 

Conseil National de l’Ordre des Sages-Femmes

À l’attention de Madame la Présidente

168, rue de Grenelle

75007 PARIS

Ouverture des relais: Venez vous inscrire et participer à votre réseau local!!!

Publié le Mis à jour le

Les relais s’ouvrent un peu partout en France!!

TOULOUSE: Une belle énergie pour le 24 Mai avec beaucoup d’idées et d’échange autour de la naissance respectée. Pour les rejoindre envoyez nous un mail à toulouse.cdaad@gmail.com ! Le programme de ces prochaines semaines:

  • Projection du film Maïeuticienne de Bertrand LEDUC le 14 Juin à 14H30 à l’Utopia de Toulouse
  • Projection du film Entre leurs Mains de Céline DARMAYAN le 17 Juin à 20H30 à l’Utopia de TOulouse
  • Projection du film L’Arbre et le nid de Valérie POUYANNE le 24 Juin à 20H30 à l’Utopia de Tournefeuille
  • Nous serons également présent le 05 Juillet pour le festival AGITATERRE a Poucharramet.

TOULON: L’antenne est en cours de finalisation, néanmoins une date de diffusion pour Entre leurs mains est déjà prévue au 12 Septembre à l’association Rayon de Sourires plus d’info sur le groupe facebook ou par mail: toulon.cdaad@gmail.com. Une réunion sera organisée rapidement pour finaliser la création de l’antenne, venez nous rejoindre!!

ANNECY: Le relais est également en cours de finalisation, toutefois une projection du film de Céline Darmayan (Entre leurs Mains) est prévue à La Turbine le vendredi 20 juin à 20h15 place Chorus 74960 Cran Gevrier en présence de Marie Terrasson, sage-femme (collaboratrice de Cécile Bachelot, sage-femme du film).

LILLE:  Une réunion aura surement lieu prochainement pour monter un relai sur la région. Toutefois les organisatrices sont en quêtes de personnes intéressées et disponibles pour faire vivre l’antenne. Contactez nous si vous êtes volontaires.

NICE: Tout comme Lille, le relais est en train de se monter peu à peu mais nous sommes toujours en recherche de personnes pouvant s’impliquer. Volontaires? Contactez nous !!

MONTPELLIER: La mise en place du relais est bien lancé pour Montpellier aussi, avec notamment la projection de l’Arbre et le Nid de Valérie POUYANNE le 12 Juin à 20h00 au cinéma l’Utopia. Si vous souhaitez participer à cette projection ou venir nous rencontrer au sein de l’antenne: montpellier.cdaad@gmail.com !!

PARIS: Le relais parisien est lui aussi bien présent. Les organisatrices vont prochainement proposer une date de réunion. Vous souhaitez intégrer l’équipe parisienne, faites le nous savoir ici

LYON: Des nouvelles plus concrètes prochainement mais les lyonnais aussi sont de la partie, vous pouvez également nous contacter si vous souhaitez en savoir plus.

BORDEAUX: Les bordelais sont également en passe d’organiser une première réunion constitutive du relais, pour  plus d’info, contactez les par mail: gironde.cdaad@gmail.com

VALENCE: Une réunion aura lieu le 17 Juin pour finaliser le relais, envie de nous rejoindre? Contactez nous!!!

Vous avez envie de monter une antenne, faites le nous savoir, nous pouvons vous aider que vous soyez une association ou un particulier, plus d’infos ici !!

 

Le CDAAD présent lors des Journées des Doulas le 6 et 7 Juin 2014 !!

Publié le

Bonne Nouvelle !!!

Le CDAAD sera présent le 6 et 7 Juin auprés des Doulas de France lors des Journées Des Doulas !!! Souvent présentes auprès des couples ayant choisi un accouchement a domicile, il nous paraissait cohérent d’être présents pour informé tout ceux qui le souhaitent sur le sujet!

Venez nous rencontrer à notre stand directement, nous nous ferons un plaisir de partager ce moment avec vous!!

 

Plus d’info sur le programme et les ateliers  ici, nous vous attendons nombreux!!

 

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Ils en parlent…vidéo de l’AFP

Publié le Mis à jour le

En attendant les premiers retours sur nos rassemblements de Samedi 24 Mai, voici une vidéo à faire partager pour mieux comprendre la problématique des assurances des Sages-Femmes.

 

 

Bientôt un article sur les animations de Samedi!!!